Kyoto

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Kyoto n’est pas une ville pleine de hauts buildings où la population active vit à 100 à l’heure. C’est un condensé de lieux de cultes et l’ensemble le plus important de l’héritage culturel et de l’Histoire du Japon. Nous y visiterons de nombreux temples, toujours mariés avec la nature, tous aussi beaux et majestueux.
Julien nous fait découvrir le premier et le plus beaux des « jardins Zen » que nous verrons au Japon. Il s’appelle Hassô Garden. Dans celui-ci, nous faisons le tour du temple, sous un porche couvert offrant une vue reposante sur la nature alentours. Mais nous retiendrons sans doute plus encore le « jardin Zen » lui-même. Celui-ci est composé de 4 rochers principaux, représentant les 4 îles du Japon (Honshū, Hokkaidō, Kyūshū et Shikoku) et d’autres plus petits monticules de végétation dont la signification serait expliquée par la philosophie bouddhiste (vous devinez ici un habile détour syntaxique pour dissimuler un fâcheux oubli). Dans ces lieux sacrés, où l’on déambule systématiquement déchaussés, règnent un silence et un calme invitant à la méditation.

Puis nous nous dirigeons vers un temple bouddhiste particulièrement original. Répondant au nom de « Fushimi Inari Shrine », il est dédié à la réussite économique et à la prospérité. Le symbole est, ici encore, un animal : le loup (mais à la différence de Nara et ses biches, on n’a pas croisé la queue d’un loup ici).
Le temple est une colline de Kyoto entièrement composée de végétation, au milieu de laquelle se dessinent des chemins de randonnée qui sont recouverts tout le long de la promenade par les fameuses « Torii » en bois, de couleur rouge, propre à la religion bouddhiste. Il faut vous imaginer un chemin de randonnée « couvert » débouchant de-ci de-là sur des « autels » dédiés aux entreprises du Japon, qui viennent les décorer en faisant des donations au temple, en priant pour la prospérité de leur industrie, ou commerce. La religion, le business et la réussite semblent donc être fortement liés, ce qui n’est pas habituel en Occident. Et il semble que le prix élevé des « Toriis », décorant les autels dédiés aux commerces japonais, ne fassent reculer personne : chacun veut une place ici et les employés des sociétés, petites et grandes viennent même prier pour la bonne santé financière de leur employeur !

En fin d’après-midi, nous terminons par nous rendre à notre auberge (traditionnelle, toujours, …, merci Julien, encore) et nous nous installons dans notre chambre. Dans ces auberges, les chaussures restent à l’entrée et tout le monde se déplace en pantoufles, partagées par tous puisque chaque pièce commune (notamment les salles de bain) a ses pantoufles dédiées à l’entrée. Les lits (les très connus « futon ») sont posés à même le sol et le thé peut se prendre à genou (cela s’appelle « seiza ») dans ces pièces où le sol est soit en bois, soit constitué d’un dédalle de plaques en paille tressée. Les portes son coulissantes bien sûr (et sont plus de fins paravents que des portes finalement), ce qui permet un gain de place mais impose de respecter un niveau sonore raisonnable (où de dormir avec des boules quies)
En soirée, et maintenant sans Julien qui a dû nous abandonner pour quelques jours, tout en nous laissant des « devoirs pour la semaine », Magda et moi partons en centre-ville, en bus, comme des grands, puisque le réseau de bus de Kyoto fonctionne très bien. Nous nous promenons dans le quartier « Gion », particulièrement fréquenté en fin d’après-midi et en soirée. Il paraît qu’avec un peu de chance, on peut y croiser des « Geisha », même si la coutume de l’élégante dame de compagnie semble se perdre un peu.
Nous commençons par parcourir de nuit le Maruyama Park et le temple Yakasa, illuminé par des lampions japonais, qui donnent un caractère bien particulier au lieu, puis nous dînons dans un restaurant de rue de Kyoto, en choisissant nos plats avec des images, bien incapables de comprendre quoique ce soit à la carte en japonais 😉 Mais on se fait comprendre, avec des gestes et des sourires. Les japonais sont patients et nous réservent un accueil extrêmement respectueux. Ils évitent de répondre par « Non » et font le plus souvent des efforts lorsque nous demandons de l’aide. A dire vrai, nous pensions pouvoir nous débrouiller avec l’anglais, mais peu de gens le parlent ici : souvent, ils peuvent en fait le comprendre mais assez peu le parlent aisément. Je convaincs Magda de faire avec moi un tout petit effort d’apprentissage des 3 ou 4 mots magiques histoire de mettre nos interlocuteurs dans de bonnes dispositions lorsque nous demandons des renseignements : dans 3 jours, on aura tout oublié, mais au moins, on peut commencer par dire bonjour en japonais au lieu d’entamer directement la conversation en anglais 😉
Le 2ème jour à Kyoto, nous nous levons avec toujours l’envie de visiter et de découvrir (tant mieux, me direz-vous, ça va durer 8 mois). La journée sera longue car notre séjour à Kyoto touche déjà à sa fin mais peu importe. Nous commençons par la visite du temple Ginkaku-ji, dont je suis tombé « amoureux », autrement connu sous le nom de temple des « 4 saisons », en référence à sa constante beauté, quelque soit le moment de l’année.

Puis nous continuons par la visite d’un temple qui restera gravé dans nos esprits : Kinkaku-ji qui intègre le « Golden Pavillon ». C’est un temple entièrement doré, trônant au milieu d’un lac, et entouré par une végétation luxuriante (les photos parleront plus que cette sommaire description). A usage exclusif de l’empereur, on trouve aussi dans ce lieu de culte, une maison retranchée, qui servait autrefois pour les poses « thé », et qui offre une vue sur le Pavillon doré, particulièrement belle en fin d’après-midi.

Enfin, nous terminons la journée par un autre « jardin Zen » dans un grand parc : beauté, simplicité et subtilité sont les adjectifs trouvés par Magda pour évoquer cette culture que nous découvrons depuis plusieurs jours.
Ainsi se termine notre visite de Kyoto, demain nous prenons la direction de Tokyo pour découvrir un Japon plus moderne.

2 réflexions au sujet de « Kyoto »

  1. Caro

    Merci merci de partager toutes ces belles photos pour que nous puissions vous suivre tout au long de votre périple. Les vues de Kyoto nous ont rappelé de bons souvenirs, et vous pourrez nous conseiller pour notre prochain voyage (nous y retournons pour un congrès en octobre).
    Nous vous attendons de pied ferme avec des bons petits diners à Berkeley fin Août, et avons hâte d’entendre vos récits de vive voix.
    Bizzz des Shibo (Hugo vient de lire le blog et a regardé toutes les photos avec moi)

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  2. Christine Pavard

    C’est tellement bien de découvrir avec vous ce beau pays, et surtout de partager vos impressions et vos émotions au jour le jour! Vous nous donnez vraiment envie de voyager, grâce à ce super blog, à la fois merveilleusement documenté, et très drôle par moment. Encore…encore…on en veut encore!!!! Mais surtout un grand merci de prendre le temps de partager votre périple avec nous de manière aussi précise et détaillée.
    Bisous à vous deux

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