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Chutes d’Iguazú

Partis le 15/01/2014 en soirée de Florianópolis, nous arrivons en matinée le lendemain à Foz do Iguaçu, à la frontière de non pas deux, mais trois pays : c’est ici que se rencontrent le Brésil, le Paraguay (la ville de Ciudad del Este étant juste en face de Foz, sur l’autre rive du Río Paraná) et l’Argentine (la ville de Puerto Iguazú se trouvant en face de Foz également, de l’autre côté du Río Iguazú).

Et ce qui attire ici chaque année plusieurs millions de touristes du monde entier, ce sont les célébrissimes Chutes d’Iguazú, une merveille naturelle découverte au XVIème siècle par un explorateur espagnol, situées au milieu de la forêt tropicale et réparties entre l’Argentine (80%) et le Brésil (20%). Deux Parcs Nationaux portant le même nom se font face à cet endroit du globe : le Parc National « d’Iguazú », du côté argentin de la rivière Iguazú (qui tire son nom du terme indigène « grande eau »), et la partie brésilienne, sur l’autre rive, appelée Parc National de « l’Iguaçu », respectivement déclarés au Patrimoine Mondial par l’UNESCO en 1984 et 1986, et couvrant à eux deux, une surface d’environ 240 000 hectares. Figurant parmi les plus spectaculaires chutes d’eau sur Terre, cet ensemble de 275 cascades, interrompt le cours de la rivière Iguazú, affluent du Paraná, entre l’Etat brésilien du Paraná et la province de Misiones, formant un front d’eau en demi-cercle de près de 3 kilomètres de large et 80 mètres de haut, déversant jusqu’à 6 millions de litres d’eau par seconde : un spectacle visuel et acoustique ahurissant !

De grands nuages formés de gouttelettes humidifient en permanence les nombreuses îles de la rivière et les forêts riveraines créant ainsi un microclimat extrêmement humide favorable à une végétation subtropicale luxuriante et dense où vit une faune très variée : papillons, insectes, et de nombreux animaux sauvages tels que tapirs, fourmiliers géants, singes hurleurs, ocelots, jaguars et caïmans. Le territoire détiendrait près de 400 espèces d’oiseaux, dont l’insaisissable aigle appelé « harpie féroce ». La flore est elle aussi exceptionnelle avec environ 2000 espèces de plantes dont 80 espèces différentes d’arbres représentées. Les 2 Parcs Nationaux constituent un des plus importants vestiges de la « forêt atlantique intérieure », une des priorités de conservation mondiale les plus menacées : en cause, une exploitation forestière intensive qui continue de peser dangereusement sur l’écosystème local.

Il existe de multiples façons de découvrir ces majestueuses chutes d’eau : de la simple promenade à pied en suivant les itinéraires dessinés au sein du parc national, en passant par l’approche fluviale dans des zodiacs surpuissants, jusqu’au survol en hélicoptère ! Même si les voies fluviales et aériennes offrent sans aucun doute des perspectives à couper le souffle, nous nous en tiendrons à la ballade à pied : ça reste de l’eau et si nous n’avons pas survolé le Grand Canyon du Colorado en hélicoptère, nous ne sommes pas décidés à vider le reste de nos économies pour 15 minutes de sensations fortes au dessus d’Iguazú !

Immédiatement après notre arrivée à l’hôtel, nous fonçons donc dès le début d’après-midi vers l’entrée du Parc et commençons la visite par la « Garganta del Diablo », la plus haute chute d’eau du site (700 m de long, 150 m de large et près de 90 m de haut), que nous rejoignons après un court trajet en train et une ballade de quelques centaines de mètres sur des passerelles en bois traversant, en amont, la rivière Iguazú. Nous choisissons de commencer par ce point de vue car c’est le plus éloigné de l’entrée du Parc cet donc celui qui ferme en premier : pas question d’être venu jusque-là et de risquer de rater ce mirador. De plus, sur cette impressionnante plateforme, c’est la douche assurée, alors tant qu’à se faire tremper, autant que ce soit en début d’après-midi, histoire de pouvoir sécher assez vite, tant qu’il fait encore chaud ! A cet endroit, plus que la vue, c’est le bruit assourdissant qui permet de commencer à mesurer la puissance de la nature.

En suivant ensuite les deux itinéraires proposés (parcours inférieur et parcours supérieur) au milieu d’un somptueux décor subtropical, nous réalisons vite l’extraordinaire biodiversité du lieu et découvrons finalement l’ampleur du front d’eau, sous différents angles, depuis des points de vue distants qui offrent une vue plus globale sur cette fantastique rupture. Les arc-en-ciel sont omniprésents, à toute heure de la journée tant l’air est humide, et la lumière du soleil vers la fin de la journée vient finalement baigner le site rendant chaque photo plus magique que la précédente.

Pour l’anecdote, la cascade voisine des « Sept Chutes » était la plus importante cascade d’eau au monde jusqu’à la fin des années 1970, tout aussi impressionnante que les chutes d’Iguazú, mais cet ensemble a été englouti en 1982 suite à la mise en eau du réservoir du barrage d’Itaipu, l’afflux touristique se tournant alors petit à petit vers les chutes d’Iguazú.

Parc National Manuel Antonio

Le 13/10/2013, après une longue demi-journée de voiture depuis les plages de Guanacaste, en passant par Santa Cruz, par le Pont de « La Amistad de Taïwan » puis en longeant la côte pacifique sur cent cinquante kilomètres environ, nous arrivons à Quepos, à proximité du Parc National Manuel Antonio, notre dernière étape costaricienne. Il se situe également sur la côte pacifique du Costa Rica, au sud de la province de Puntarenas, s’étend sur 1 983 hectares pour la partie terrestre et 55 000 hectares pour la partie marine, il est dédié à la conservation, l’étude et le tourisme écologique orienté vers l’éducation environnementale.

Sa création remonte à novembre 1972, à une époque où la région était peuplée par la communauté indigène Quepoa, qui a légué son nom à la ville de Quepos. Sous l’impulsion des colons, les terres ont été transformées en terres cultivées et acquises par la United Fruit Company, jusqu’en 1972 où sur pression du peuple costaricien, l’État l’acquière.

En 2011, il a été sélectionné par la revue Forbes parmi les 12 parcs nationaux les plus beaux du monde. Il compte en effet  plusieurs anses variées avec de multiples plages de sables blancs, des montagnes et des forêts qui descendent sur les plages. On y trouve une grande biodiversité terrestre et marine.

Sa taille raisonnable le rend parfaitement visitable en une journée et notre conclusion après notre excursion sur place est que les visites « guidées » proposées à l’entrée du parc sont probablement des dépenses superflues. En effet, sans être des experts en éco-tourisme, nous avons pu observer presque toute la flore et la faune présente dans le parc.

La mangrove couvre approximativement 18 hectares. Elle est constituée de trois espèces : le palétuvier rouge, le palétuvier blanc et le palétuvier noir. Les plages sont plantées d’amandiers et de cocotiers. D’espèces d’arbres rencontrées et caractéristiques du Parc Manuel Antonio sont l’arbre à pluie et les Ceiba.

La faune est constituée de coatis à museau blanc, de raton-laveurs, de paresseux à deux doigts, de singes capucins à tête blanche, de singes écureuil (saïmiri), une sous espèce endémique du parc, en danger d’extinction du fait de la destruction de son habitat et à son utilisation comme animal de compagnie. On observe aussi fréquemment des espèces d’oiseaux tel le toucancillo, le pélican, le guaco, l’épervier-pécheur, et le martin-pêcheur. Enfin, le parc détient plusieurs types de reptiles comme des iguanes, et plusieurs espèces de serpents ainsi de nombreux insectes.

Sauf à ce que nous ayons eu une chance inouïe, ce dont je doute, tous ces animaux peuvent être observés sans s’octroyer les services d’un guide, et bon nombre d’entre eux doivent même avoir l’habitude des visiteurs car ils se rapprochent régulièrement des touristes à la recherche de nourriture: prenez garde aux ratons-laveurs sur « Playa Manuel Antonio », l’un d’entre eux a bien failli se faire la malle avec notre piquenique !

C’est sur ces magnifiques paysages tropicaux, cette végétation luxuriante, que nous quittons le Costa Rica le 15/10/2013 et pour notre plus grand bonheur, après plusieurs jours ensoleillés lors de notre séjour au parc national Manuel Antonio, il pleut à verse le jour de notre départ !

Prochaine destination : Colombia, chevere !