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Miami

Avant de rentrer en Europe dans une semaine maintenant, voici la dernière étape de notre voyage : la ville de Miami, en Floride. Ce n’est pas que nous ayons particulièrement rêvé toute notre vie d’aller visiter la Floride, mais il se trouve qu’au moment d’acheter nos billets d’avion, presque un an en arrière, Travel Nation, l’agence de voyage anglaise à laquelle nous avons fait confiance pour nos billets d’avion, nous a proposé, gratuitement, une escale « extensible », sur notre dernier vol, à Miami. Puisque le temps n’est pas une contrainte quand on décide de partir pour plusieurs mois, et parce que ni Magda ni moi ne connaissions la Floride, pourquoi donc ne pas se faire une dernière pause au soleil, en bord de mer au mois de janvier ?

C’est ainsi que nous avions cherché et réservé avant notre départ de France, une semaine à prix réduit dans un splendide hôtel à Weston, au Nord-Ouest de Miami, grâce à l’adhésion de ma chère grand-mère au plus grand réseau de vacances en temps partagé au monde.

Après un atterrissage à l’aéroport International de Miami le 23/01/2014 en fin d’après-midi, nous hésitons à rejoindre l’hôtel Mizner Place, au centre-ville de Weston, dès ce soir, puisque notre réservation n’est valable qu’à partir de demain. Mais l’inconfort des bancs de l’aéroport puis les vigiles de sécurité qui rodent régulièrement dans les couloirs nous poussent finalement à quitter les lieux, nous obligeant à une arrivée en milieu de nuit à l’hôtel, avec une réservation valable seulement le lendemain. Coup de chance, le personnel est en majorité hispanophone, et le fait que nous arrivions, backpacks sur le dos après 8 mois de vadrouille, ce qui est certainement une originalité par rapport aux touristes fréquentant habituellement ce genre d’établissement, semble attendrir les agents du « Welcome Desk », qui nous rendent un grand service en acceptant de nous laisser intégrer nos quartiers avec une nuit d’avance !

Les premiers jours de cette dernière semaine sont reposants : nous alternons entre la piscine de l’hôtel, des repas à rallonge sur le balcon ensoleillé de notre « immense » suite (je ne plaisante pas, c’était presque aussi grand que notre appartement lyonnais), et une cure de sommeil bien méritée dans un lit « King Size » comme nous n’en avions plus vu depuis plusieurs mois.

Bon, après deux ou trois jours, on a suffisamment dormi, on a testé toutes les chaises longues au bord de la piscine, et l’important écart d’âge avec le reste des occupants de l’hôtel ainsi que les soporifiques activités proposées nous encouragent à ne pas rester à lézarder plus longtemps au bord de l’eau. Alors, « time for a change », nous louons une voiture pour les 5 derniers jours afin de découvrir un peu les alentours.

Bien sûr, nous découvrons Miami Beach, la carte postale de Miami : une station balnéaire construite au début des années 1930, le long d’une immense plage de sable, pour le tourisme de luxe. Autrefois peuplée par des Amérindiens Tequesta, la langue de terre jadis marécageuse et inhospitalière où se dresse maintenant Miami Beach accueille aujourd’hui près de 100 000 habitants dont 55% sont nés à l’étranger, une immense majorité venant d’Amérique Latine. Ce n’est pas compliqué, nous avons eu la sensation d’écouter plus d’espagnol que d’anglais durant toute la semaine (la bande FM semble être saturée par les émissions pour hispanophones), et nombreux sont les endroits (stations service, restaurants) où les clients sont accueillis en espagnol, ce qui a le dont d’irriter une partie de la population locale !  On a souvent tendance à croire que Miami Beach est un quartier de la ville de Miami, alors qu’il s’agit bien (depuis 1915) de deux municipalités distinctes. Le sud de Miami Beach (South Beach ou So-Be) correspond à l’Art déco District, qui concentre toute l’animation branchée avec ses bars, ses demeures Art déco (dont celle de la famille Versace), les belles limousines, les « excentriques sportifs » en bord de plage et les jolies filles. C’est évidemment l’attraction principale de Miami, un quartier incontournable qui ravira surtout les amateurs d’ambiances « bling-bling » et « tape-à-l’œil ». Mais ne crachons pas dans la soupe, la couleur de l’eau est très belle, la plage peu bondée (en tout le cas le jour de notre balade), la chaleur et la luminosité en fin de journée très appréciables. Nous nous amusons de la taille des villas, des yachts, des voitures et même des pizzas que vous pouvez même vous faire livrer sur la plage ! Malgré les forts contrastes que nous avons pu vivre durant ces derniers mois, cette opulence ne génère pas chez nous un effet de dégoût ou de rejet (ce qui était un risque possible), mais peut-être une distance un peu plus grande. C’est plutôt bon signe : ce voyage nous aura rempli de bonheur et nous aura beaucoup apporté sans pour autant nous transformer complètement.

Une autre destination « phare » en Floride : les « Keys » (de l’espagnol cayo) sont un archipel d’un millier d’îlots de corail, situé à l’extrême sud de la Floride, que l’on survole en voiture sur une route panoramique étonnante conduisant de Key Largo à Key West, sur 110 miles et 42 ponts ! Exception faite des îles sablonneuses situées à l’extrémité nord de l’archipel, les Keys constituent les derniers vestiges de vastes récifs qui commencèrent à se former ici, il y a de 10 à 15 millions d’années, alors qu’une mer peu profonde submergeait la région. Malgré la pression touristique, les Keys demeurent un véritable trésor écologique marin où l’on peut admirer coraux, herbiers, oiseaux et poissons. Au bout de la route, à 150 miles de Miami se trouve le légendaire Key West, longtemps habité par Hemingway et aujourd’hui repère de l’Amérique alternative, des écrivains, des artistes et de la communauté homosexuelle. A cet endroit, La Havane, sur l’île de Cuba, n’est plus qu’à 145 km plein Sud. La route est en effet fantastique car elle est construite sur l’océan, mais nous n’avons pas eu le courage d’aller jusqu’à Key West, malgré un départ tôt de notre hôtel. Nous avons préféré passer la mi-journée, en choisissant, par chance, le moment le plus ensoleillé, dans la réserve naturelle de Bahia Honda, quelques 30 miles avant Key West, dont les plages (Loggerhead, Calusa et Sandspur) sont habituellement citées comme les plus belles des Keys. Sur fond de sable blanc, l’eau est si peu profonde à Loggerhead Beach qu’il vous faudra marcher plusieurs centaines de mètres vers le large avant même de mouiller votre maillot de bain! En milieu d’après-midi, après avoir suffisamment barboté, nous revenons quelques kilomètres en arrière et nous arrêtons pour déjeuner en terrasse : au menu, salade césar accompagnée de beignets de calamars et panier de crevettes !

Le 30/01/2014, c’est notre avant-dernier jour de voyage et nous ne pouvons pas quitter la Floride sans aller faire un tour dans les Everglades, cette zone humide subtropicale du Sud de la Floride, définie par le Fonds mondial pour la Nature (WWF), constituée de prairies et savanes inondables. Les Amérindiens Calusa furent les premiers habitants de ces marais subtropicaux qu’ils baptisèrent Pa-hay-okee ou « eaux herbeuses ». Ils vécurent sur la côte plus de 2 000 ans et ne disparurent du sud de la Floride qu’au XVIème siècle avec l’arrivée des colons espagnols. Les Everglades couvrent une superficie de plus de 15 000 km² dont 25% environ sont protégés par le parc national des Everglades, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979 et visité par environ 1 million de personnes par an. Contrairement à la plupart des autres parcs nationaux des États-Unis, celui des Everglades a plus été créé pour protéger un écosystème fragile que pour des raisons géographiques. Plus de 350 espèces d’oiseaux, environ 300 espèces de poissons d’eau douce ou salée, 40 espèces de mammifères et 50 espèces de reptiles vivent dans le parc cet 36 espèces sont considérées comme très menacées, dont la panthère de Floride, le crocodile américain et le lamantin des Caraïbes. L’activité touristique la plus répandue reste la promenade en hydroglisseur sur les étendues marécageuses au milieu des roseaux et marisques, ce que nous faisons dans une partie du parc national assez proche de Weston. Le faible ensoleillement et une température relativement fraiche en cette journée n’invitent pas beaucoup d’alligators à remonter en surface mais nous aurons tout de même la chance d’en apercevoir deux ou trois spécimens dans leur habitat naturel. Nous terminons la visite par quelques échanges avec le personnel du parc nous permettant d’en apprendre un peu plus sur ces puissants reptiles, dont le nombre avoisinerait vraisemblablement le million de spécimens recensés en Floride, pour 19 millions d’habitants. Bien que les alligators soient souvent confondus avec les crocodiles, ils appartiennent à deux familles bien distinctes : la famille des Crocodilidés pour les crocodiles et celle des Alligatoridés pour les alligators. Quelques détails physiques permettent de les différencier. La forme de leur museau est très révélatrice. L’alligator a une tête plus large, plus courte et un museau arrondi. Supportant mal le sel, les alligators préfèrent nettement l’eau douce, tandis que les crocodiles peuvent tolérer l’eau salée, possédant des glandes spécialisées dans la filtration du sel. La Floride du Sud est le seul endroit où coexistent alligators et crocodiles. Même si ces reptiles ont souvent mauvaise réputation, moins de 300 cas de morsures graves ou mortelles par des alligators américains sont recensés en Floride depuis le milieu du XXème siècle. Mais il faut bien reconnaître qu’en cas de rencontre malheureuse, l’être humain a bien peu d’alternatives en dehors de prendre ses jambes à son cou, tant ces « bêbêtes » semblent avoir pensé à tout. Leur planter les doigts dans les yeux ? Ils ne ressentent aucune douleur. Maintenir leur mâchoire ouverte ? Vous n’aurez jamais autant de puissance que la mâchoire de ces prédateurs-là. Les attraper par la queue ? No way. La queue est une arme puissante capable de vous briser les os. Fuir ? Dans l’eau, aucune chance. Ils peuvent nager jusqu’à 30km/h. À pied ? C’est probablement votre seule chance : même si ces reptiles peuvent courir étonnamment vite (jusqu’à 18km/h), ils ne peuvent le faire que sur de courtes distances car leur masse musculaire, représentant 70% de leur masse corporelle (contre 28 à 35% chez l’être humain), requiert une énergie considérable. Pour éviter la morsure, il faut donc non seulement démarrer vite mais avoir en plus un peu d’endurance ! Alors mieux vaut gardez une certaine distance avec leur habitat préféré !

Demain, c’est le dernier jour de cette épique aventure autour du monde : notre vol de retour pour Londres quittera Miami en début de soirée, pour atterrir, le 01/02/2014 en matinée, sur le sol anglais, où nous passerons une dernière journée de transition avant d’emprunter le 02/02/2014, notre tout dernier vol, afin de rejoindre notre bonne vieille ville gastronomique de Lyon, après 249 jours de voyage.