Agnes Water, 1770 & Lady Musgrave Island

Notre prochaine et dernière destination australienne s’appelle Agnes Water, une localité de 1600 habitants située à 450 km au nord de Brisbane, toujours dans l’état du Queensland. C’est la plage de surf la plus au nord de la côte est australienne et ce sera également le point le plus au nord que nous allons explorer en Australie.

Il faut compter entre 5h et 7h de route pour rejoindre Agnes Water depuis Noosa Heads et même si il nous reste plusieurs jours avant notre vol, la perspective d’en perdre un (jour) entier pour faire la route ne m’enchante pas beaucoup. Au 12/08/2013, nous sommes donc toujours à Noosa et j’insiste pour que nous ne prenions la route que tard dans l’après-midi, en calculant que nous ne perdrons de cette façon qu’une ou deux heures « effectives », le soleil se couchant vers 17h30. La contrepartie, c’est donc que nous allons devoir rouler de nuit et ce n’est pas très recommandé, à cause du risque important de collision avec les animaux (les kangourous, par exemple, qui sont des animaux nocturnes). Même notre contrat de location de van stipule qu’il est déconseillé de rouler de nuit. Moi, malgré les contestations de Magda, je n’en démords pas, prétextant que le risque est faible sur autoroute bien éclairée: dans ma « tribu », certains peuvent parfois devenir « un peu » têtus lorsqu’ils ont une idée en tête! Et voilà une litote, heu non, mon plus jeune frère me fait savoir qu’il s’agit en fait d’un euphémisme, en rhétorique. And he’s Damn right!

Conclusion : nous prenons donc la route vers 15h30 et nous allons donc faire une bonne partie du trajet de nuit. Et contrairement à ce que je pensais, pratiquement aucun tronçon n’est autoroutier. Nous traversons donc quelques moments de solitude. Par exemple quand je décide de me laisser dépasser par un énorme camion qui m’éblouit depuis un moment parce qu’il roule presque plus vite que moi, sauf que l’issue est pire : nous nous retrouvons maintenant acculés entre 2 « monster trucks », celui qui vient de me dépasser, devant nous, et celui qui suivait de très près son prédécesseur, que je ne pouvais pas deviner avant et qui se retrouve maintenant juste derrière nous. Je suis donc toujours autant ébloui et j’ai maintenant un 38t+ devant et un autre derrière, qui roulent à une vitesse vertigineuse sur une route nationale non éclairée. Vers la fin du trajet, un épais brouillard vient se mêler à la fête, et nous sommes sur une route très peu fréquentée, Agnes Water étant la prochaine commune, encore située à une cinquantaine de km. Je roule donc prudemment puisque la visibilité est très réduite jusqu’à ce qu’une forte odeur envahisse soudainement l’habitacle: une odeur venant de 2 animaux morts (un kangourou et un énorme sanglier gisant à quelques mètres seulement l’un de l’autre sur le bord de la route), probablement percutés récemment par un autre véhicule. Ça devient inquiétant et je reste le plus vigilant possible car ce n’est franchement pas le lieu ni le moment pour patienter le temps qu’une dépanneuse vienne nous dépanner si nous devions à notre tour percuter un animal sauvage !

Nous arrivons enfin à Agnes Water, il est presque 23h et nous sommes soulagés. Après avoir tourné quelques minutes dans la toute petite commune, nous nous garons entre 2 autres véhicules sur un parking résidentiel pour passer la première nuit.

Le lendemain, après un bon petit déjeuner à la terrasse d’un café, nous nous dirigeons vers Seventeen Seventy, une marina à 5 km d’Agnes Water qui sert d’embarcadère à la principale activité touristique du coin : des excursions quotidiennes vers la pointe Sud de la Grand Barrière de Corail, le plus grand récif corallien du monde! L’île desservie s’appelle « Lady Musgrave Island », elle est située à 65km de la côte et une seule compagnie opère ces excursions qui se font à la journée. Ce n’est pas donné mais c’est la raison pour laquelle nous sommes montés jusque-là, donc pas question de craquer si près du but ! Il y a de la place pour demain et la météo annoncée semble propice : Let’s go, on réserve 2 billets, RDV demain matin 8h à l’embarcadère de 1770.

L’après-midi, pendant que Magda reste à lire et se reposer dans notre Spaceships, je pars me baigner puis courir à la plage. Pendant mon footing, un australien qui promène ses chiens me fait signe de regarder au large mais je n’aperçois qu’une grande gerbe d’eau dont je comprends qu’elle provient d’une baleine. Pendant la demi-heure qui suit, tout en courant au bord de l’eau, j’aurai l’occasion de voir à 3 reprises une baleine jaillir hors de l’eau, puis s’écraser dans un bouillon d’écume. Le soir venu, nous dinons une fois de plus à l’air libre sur l’aire de pique-nique de la plage d’Agnes Water avant de retourner nous coucher au même endroit qu’hier.

Le 14/08/2013, on se présente donc à 8h et on embarque assez vite sur un bateau à moteur d’une capacité de 100 personnes environ. Je n’en ai pas la sensation et pourtant, nous sommes à priori une centaine de touristes rassemblés aujourd’hui. 1h15 de navigation plus tard, en « open water », nous atteignons Lady Musgrave Island, une île inhabitée de 14 hectares entourée par 1200 hectares de récif corallien, à la pointe Sud de la Grande Barrière de Corail. Je ne suis pas sûr de trouver de qualificatif adéquat pour retranscrire fidèlement la beauté du lieu. Les photos le feront sans doute mieux !

En arrivant dans ce paradis, le bateau s’amarre au seul ponton existant sur le lagon (« Lady Musgrave Cruises 1770 » est la seule compagnie à opérer des excursions sur ce joyaux de la Mer de Corail) et y reste pour la journée. Pendant les 5 prochaines heures, chacun est libre d’emprunter du matériel de snorkeling pour aller observer les récifs, nager avec les tortues etc. L’eau est limpide, la faune et la flore très colorée et variée. On est en plein hiver, on peut pourtant rester nager plus d’une demi-heure sans avoir froid. Dans des endroits pareils, nul besoin de faire de la plongée sous-marine, puisque l’essentiel des 1200 hectares de récif qui entourent l‘île est situé entre 1 et 10 mètres de fond. Vers 12h30, on nous sert un déjeuner-buffet et chacun peut s’installer sur le bateau ou sur le ponton pour se restaurer en profitant du paysage. Après le déjeuner, un bateau à fond plat et transparent permet d’aller explorer l’île elle-même, par petits groupes, pour une marche d’une demi-heure durant laquelle on découvre la végétation locale, la vie animale (principalement des oiseaux) et on apprend un peu plus sur l’histoire du lieu. Vers 16h00, tout le monde réembarque sur le bateau pour le trajet retour au cours duquel nous allons encore avoir la chance de croiser des baleines (bon les filles, c’est bon, on a compris, c’est la 3ème fois en 15 jours, c’est fatiguant là!). Quelle journée mémorable!

Le 16/08/2013, après une dernière nuit à Agnes Water, nous commençons à redescendre tranquillement vers le Sud. Nous passerons encore deux jours à Maroochydore, à une centaine de km au nord de Brisbane, à l’embouchure de la Maroochy River, avant de rejoindre Brisbane pour voler le 18/08/2013 vers notre prochaine destination. C’est un très long vol transpacifique qui nous attend direction Vancouver, Colombie Britannique, Canada.

Noosa Heads

Noosa Heads, c’est une ville côtière située à 130 kilomètres au nord de Brisbane, qu’on nous a conseillés à plusieurs reprises et c’est un gros, très gros coup de cœur !

Cette étendue de forêt verte en bord de mer, restée presque intacte depuis la fin du 19ème siècle, est aujourd’hui un parc naturel, le « Parc National de Noosa ». Les terres ont été classées comme parc naturel en 1930, ce qui garantit sa protection à l’avenir. Une décennie plus tard, la ville a commencé à se développer rapidement et a gagné en popularité pour devenir une destination de vacances incontournable et un endroit pittoresque pour vivre sur la Sunshine Coast.

Le nom de Noosa vient du mot aborigène qui en langue indigène signifie « Ombre » dut à la grandeur et à la diversité des forêts. La tribu indigène Kabi avait visité cette région plus de 40 000 ans avant que les premiers Européens n’y débarquent au milieu du 19ème siècle.

Nous arrivons donc à Noosa Heads l’après-midi du 10/08/2013 après avoir quitté Brisbane en milieu de journée. D’emblée, nous sommes séduits par la plage, la couleur de l’eau, la lumière et le caractère naturel de la zone : en contraste total avec Surfers Paradise, ici la ville, qui se situe pourtant en bord de mer, est presque invisible depuis certains endroits de la plage et l’urbanisme s’efface complètement au profit de la nature. Il faut préciser que nous débarquons à la plage en fin de journée et qu’à nouveau, un magique coucher de soleil baigne la zone à notre arrivée, ce qui contribue grandement à notre enthousiasme.

Le soir, nous nous préparons une bonne salade que nous dégustons, attablés en bord de mer, et partageons une bouteille de vin jusque tard dans la soirée. La nuit est tombée il y a bien longtemps mais l’endroit reste éclairé ce qui nous permet de profiter tard de la soirée, pour une fois.

Le lendemain matin, nous démarrons la journée par une activité « très » physique : faire la croquette à la plage ! Cela nous occupe jusqu’à l’heure du déjeuner. Ensuite, nous partons en randonnée dans le parc naturel en suivant la « Coastal track »: une piste qui suit la côte sur plusieurs km et offre de nombreux points de vue tous plus fantastiques les uns que les autres tout au long de la ballade.

Après une reposante nuit dans notre maison roulante, nous déjeunons le lendemain midi sur le pouce, dans une zone résidentielle de Noosa Ville (la commune voisine) baignée dans la rivière Noosa, formant ainsi des canaux entre les pavillons et les différents quartiers et rappelant Port Grimaud ou Port Camargue sur la côte méditerranéenne française.

Impossible de ne pas succomber au charme de Noosa, une destination qui reflète l’atmosphère de la côte orientale australienne.

Brisbane

Le 09/08/2013 en fin d’après-midi, on rejoint Brisbane, la capitale et la ville la plus peuplée de l’État du Queensland, une « Petite-Grande » ville, comme certains l’appellent ici. Jusque-là nous n’avons rencontré personne vraiment dithyrambique à propos de Brisbane, et tant mieux, à la réflexion. Encore une fois, quelle bonne surprise !

On a rapidement lu hier que le Jardin Botanique vaut éventuellement la peine d’aller s’y promener, c’est donc la ballade que nous choisissons pour cette découverte de fin de journée. OK, il n’est pas aussi fleuri que celui de Singapour – mais ils ne sont pas non plus exposés aux mêmes conditions climatiques – et celui de Brisbane est plus grand, plus dégagé, peut-être plus respirable, et il nous permet surtout – mais par hasard (parce qu’ils se voisinent) – de débouler dans le campus de la QUT, L’université de technologie du Queensland, réputée pour ses programmes de Business, Ingénierie, IT etc. Gardens Point (c’est le nom du campus principal) est donc situé en plein cœur de Brisbane, face au Jardin Botanique, il semble être presque tout neuf et bénéficie en plus d’une localisation fantastique, d’infrastructures sportives à faire pâlir les facultés STAPS françaises les plus réputées (OK, je ne suis pas complètement sûr de ça puisque je n’ai, par exemple, jamais mis les pieds à Orsay). Alors, disons qu’en tout cas, je suis immédiatement et bien plus impressionné par ce campus que par celui de la faculté STAPS de l’Université Claude Bernard Lyon 1, que je connais, cette fois ! Il y a une piscine olympique couverte, qui parait toute neuve, un « Gym Center » gigantesque équipé de machines, elles aussi récentes, et le parc du jardin botanique offre un espace sécurisé suffisamment grand pour aller pédaler à la pause déjeuné où en fin d’après-midi. Ça fait simplement rêver et je dis instantanément à Magda que, pour une fois, j’accepterais volontiers de revenir 10 ans en arrière pour recommencer mes études ici même.

Le soir venu, on rejoint le centre-ville, tout proche, très agréable lui aussi, en particulier Elizabeth Street, une rue piétonne dans laquelle se concentrent bars, restaurants, commerces en tout genre, boites de nuit, etc. On y trouve même en plein milieu, une salle de concert extérieure, simplement couverte par un toit amovible et une scène sous-jacente, entièrement équipée pour accueillir des groupes de musique locaux qui viennent se produire gratuitement en journée ou en soirée. La zone pédestre offre, en prime, le WiFi gracieusement mis à disposition par le Council. Je ne qualifierais pas Downtown Brisbane de « charmant », le centre-ville dégage plutôt une sérénité incroyable qui le rend, de mon point de vue, extrêmement attirant.

Le lendemain, en début de matinée, nous nous rendons au « Lone Pine Koala Sanctuary », à la rencontre d’animaux bien familiers des australiens. Ce parc, situé à une vingtaine de minutes du centre de Brisbane, existe depuis 1927 et est à ce jour la plus grande réserve de koalas au monde. Moi qui n’ai pas, d’habitude, une sensibilité forte aux animaux, je dois bien reconnaitre que les koalas sont attendrissants. Leurs lents déplacements entre les branches, leur pelage très soyeux, leur façon d’attraper les feuilles d’Eucalyptus avant de les amener à la bouche sont des caractéristiques bien particulières de ces mammifères marsupiaux. Quant à leur capacité à dormir en plein jour, en appui, tête, corps, et postérieur, dans une position fœtale entre 3 branches d’eucalyptus, elle me laisse tout simplement rêveur, moi qui suis souvent incapable de trouver le sommeil, pourtant allongé sur un confortable matelas à ma taille.

Le « Lone Pine Koala Sanctuary », comme son nom ne l’indique pas, héberge également d’autres marsupiaux bien connus des australiens, les kangourous. On peut donc approcher de très près et même nourrir, dans ce parc, plusieurs espèces de kangourous : des wallabyes, des wallaroos, des kangourous roux et des kangourous géants. Magda est comme un poisson dans l’eau, entourée de ces animaux absents de nos contrées européennes.

Le saviez-vous ?

Le mot « kangourou » dérive de « gangurru », désignant le kangourou géant dans la langue aborigène Guugu Yimithirr. Selon une légende, le mot gangurru signifierait en fait « Je ne te comprends pas »: alors qu’un naturaliste, commandé par le capitaine James Cook, désignait un kangourou gris à son interlocuteur autochtone, ce dernier lui répondit gangurru, transcrit en «kangooroo» ou «kanguru» en 1770. Cette origine fut démystifiée beaucoup plus tard (dans les années 1970) par le linguiste John B. Haviland au cours de ses recherches sur le peuple Guugu Yimidhirr.

On estime les kangourous d’Australie à quarante millions d’individus, soit presque le double de la population australienne, estimée à près de 23 millions en 2012.

Enfin, la queue du kangourou lui sert de trépied au repos, et de balancier quand il saute : cette locomotion est appelée « crawl-walking » en anglais, littéralement « la marche rampante ».

Pour finir notre visite, nous participons à un show présentant les rapaces les plus fréquents en Australie, dont nous sortons quelques jolis clichés.

Surfers Paradise

Situé à 80 km au Sud de Brisbane, Surfers Paradise est, comme son nom l’indique, supposé être le paradis des surfeurs sur terre. A priori, ça a été, dans les années 60, la Mecque du surf, à une époque où l’endroit était relativement fréquenté par des hippies. Aujourd’hui, ça ressemble plus à Miami : une ville totalement bétonnée, où les gratte-ciel, les hôtels de luxe et les centres commerciaux immenses se multiplient. Pas tellement le genre d’ambiance qu’on est venus chercher pour ce road trip australien, à dire vrai. J’espérais qu’on puisse se consoler avec du spectacle à la plage, des vagues immenses surfées par des surfeurs d’excellents niveau. Que nenni!

On n’est peut-être pas venus à la bonne période, mais, en tout cas, on n’a franchement pas été impressionnés, ni par le lieu, ni les vagues, ni par les surfeurs, tout simplement absents du « spot ».

Du coup, on a préféré à Surfers Paradise, une station balnéaire voisine, un peu plus petite, mais plus sympathique à notre humble avis : Burleigh Heads. C’est donc là que nous choisissons de passer l’après-midi du 08/08/2013, pour un « déjeuner sur herbe » puis une séance bronzage. C’est aussi là que nous décidons de passer la nuit.

Le lendemain matin, je me réveille avant Magda et j’ai pris l’habitude de déplacer notre van immédiatement au réveil pour nous rapprocher d’un point d’eau, souvent direction la plage la plus proche où l’on trouve généralement des tables à pique-nique et des « BBQ pits » à proximité. Ce matin, je suis donc installé à une table en bord de plage au soleil, à profiter de la vue, de l’air océanique en attendant que Magda émerge. Moi qui suis si impatient d’habitude, je pourrai rester là, sans rien faire, des heures durant.

L’après-midi, on décide de continuer notre route vers le Nord en direction de Brisbane d’où nous décollerons dans 10 jours ce qui va nous laisser le temps de monter encore plus au nord pour profiter d’un climat toujours plus chaud et surtout pour peut-être aller « palmer » un peu à la pointe Sud de la Grand Barrière de Corail, le plus grand récif corallien du monde !

En attendant, on remonte donc tranquillement sur Brisbane, en passant notamment par la Marina de Southport, située à l’embouchure de la Nerang River. C’est un vendredi midi, soleil incroyable depuis 10 jours, 30 degrés à la mi-journée – chaud, tout en restant supportable – et à la pointe Nord de la « Main Beach », une équipe d’une entreprise locale a manifestement décidé de faire le meeting de fin de semaine en « outdoor », dans le Doug Jennings Park : on a donc là une quinzaine de collègues qui se sont réunis, au bord de l‘eau, avec l’équipement nécessaire pour une vraie réunion de travail (« Paper Boards », stylos, papier, laptops, smartphones, etc) tout en conservant une attitude parfaitement relax, ce qui nous amène immédiatement à partager la réflexion suivante : « Eux, ils ont tout compris et il y aurait bien des enseignements à tirer en France, et ailleurs, sur l’équilibre Pro – Perso ».

Byron Bay

On est déjà le 06/08/2013, que le temps passe vite ! Beaucoup diront que c’est bon signe, signe que nous en profitons, je vous le confirme 😉

Et ce matin, nous allons encore en prendre plein les yeux !

Il est 10h30 et nous n’avons pas eu besoin de rouler longtemps pour rejoindre Byron Bay. Bienvenue au village hippie le plus visité de la Gold Coast, un lieu où les mini vans convergent de toute l’Australie, où marcher pieds nus dans la rue n’étonne plus personne, où les musiciens sans-le-sou rendent les passants mélancoliques avec leurs mélodies enivrantes et leur style d’antan, où le surf est une religion.

Mais avant de découvrir la ville, Magda, qui a méticuleusement lu l’article du Lonely Planet, nous dirige vers le Phare, situé sur un éperon rocheux, défiant le Pacifique.

Nous sommes au point le plus à l’Est de toute l’Australie, un lieu d’observation idéal de la faune marine, dans un décor somptueux : une plage kilométrique à notre droite, sauvage, adulée des surfeurs pour la force des vagues qui la balaient et une autre baie, à gauche, plus calme, presque symétrique à la précédente, où les pêcheurs, baigneurs, « bronzeurs » viennent profiter d’une atmosphère relaxante.

Droit devant, c’est le grand large en vue panoramique, mieux que la Géode de la Cité des Sciences !

Et ce jour-là, les « private guests » de la cérémonie sont nombreux : nous sommes d’abord accueillis par un groupe de dauphins que nous pouvons observer pendant un bon quart d’heure depuis le haut de l’éperon rocheux, avant qu’ils ne laissent place à plusieurs baleines à bosse qui passent à proximité des côtes australiennes durant leurs migrations annuelles. Le clou du spectacle est un jeune baleineau à l’humeur joueuse qui parait vouloir remercier les privilégiés et peu nombreux touristes réunis aujourd’hui en nous saluant de sa queue pendant plusieurs minutes. Une australienne de Brisbane, qui vient religieusement depuis 25 ans nous fait savoir que nous somme chanceux car elle n’avait jamais vu ça. Pourtant, il suffit juste de prévenir les baleines avant votre venue, comme nous l’avons fait, quoi 😉

Le lendemain, moins de bol, on retrouve une sympathique amende (101 USD, quand même) sur le pare-brise de notre véhicule pour être resté trop longtemps garé sur un emplacement à durée limitée. M****, pour une fois que j’étais à la bibliothèque! BTW, cette bibliothèque toute neuve est fantastique si vous avez besoin d’un peu de calme durant votre séjour à Byron Bay et elle offre 2h de connexion quotidienne à Internet à tous les visiteurs.

Le soir venu, après avoir profité du coucher de soleil à la plage, nous choisissons de manger libanais et partageons donc en terrasse une « Tooheys New » et des « Falafel » à l’Orgasmic Café, un endroit vivement recommandé par tous les locaux et les guides pour la qualité des assiettes à des prix très compétitifs. Ajoutez à cela une proprio. serviable et souriante et voilà donc un endroit de plus qu’on quitte en attendant une seule chose : y revenir !

Nous choisissons en fin de soirée le même parking calme que la nuit précédente pour passer la nuit, et sommes réveillés à 6h30 du matin par un Ranger local en patrouille parce que le camping « sauvage » est interdit dans toute la municipalité de Byron Bay (aisément compréhensible afin d’éviter une généralisation qui serait sans doute immédiate dans une ville dont la réputation hippie n’est plus à démontrer). Par chance, notre interlocuteur vient probablement de démarrer sa journée du bon pied, et nous laisse 10 secondes pour déplacer notre véhicule en dehors de la ville si nous ne voulons pas une sévère amende!

– « Oui Monsieur », je m’exécute immédiatement, on n’a pas vraiment envie de démarrer la journée avec une deuxième amende à 100+ USD (en 24h, ça ferait beaucoup). Nous terminons donc notre nuit sur le parking d’une station essence à la sortie de la ville, beaucoup plus bruyante que notre précédent emplacement avant de reprendre la route en milieu de matinée, direction « Surfers Paradise ».

Crowdy Bay National Park, Port Macquarie & Sawtell

Le lendemain, 04/08/2013, nous continuons l’ascension vers le Nord entamée hier en fin d’après-midi, en suivant la côte par des routes touristiques dès que nous en avons la possibilité.

A la mi-journée, après avoir emprunté une route non revêtue d’une quinzaine de km pour traverser Crowdy Bay National Park, nous débouchons sur Crowdy Beach, une plage complètement déserte au sable vierge et à l’eau turquoise, située entre Crowdy Head, au Sud, et Diamond Head au Nord.

Un peu en retrait de la plage, une aire de camping sauvage équipée de sanitaires et elle aussi presque déserte (3 camping-cars seulement se partagent le terrain boisé) nous permet de prendre une douche rafraichissante pour l’un / affreusement glacée pour l’autre (guess who ?) et de partager un piquenique avant de reprendre la route.

Nous quittons Crowdy Bay National Park par le Nord (une route différente de celle empruntée le matin) et suivons à nouveau la côte par une route touristique qui borde l’océan et nous émerveille un peu plus après chaque virage. Un panneau routier indique la présence de koalas, qui doivent donc être bien cachés dans les eucalyptus, car nous n’aurons pas la chance d’en apercevoir aujourd’hui. Magda est déçue et inscrit sur notre « To Do liste » australienne la visite du plus grand parc dédié aux koalas du côté de Brisbane où nous pourrons les voir de près.

En fin d’après-midi, nous arrivons à Port Macquarie (qui porte le nom d’un général de division britannique, devenu un important gouverneur de Nouvelles Galles du sud au début du 19ème siècle), une petite ville côtière dont nous découvrons la marina et le port de pêche sous un coucher de soleil couleur corail et au son « chill-out » de la terrasse du bar dans lequel nous nous installons. On est pas mal!

Le soir, nous nous laissons tenter par un restaurant Tex Mex, dans lequel nous commandons un « Banquet for 2 », dont nous n’arriverons pas à la moitié, au point qu’on nous propose d’emporter les restes. Ça tombe bien, je n’étais déjà pas complètement à l’aise avec le fait de ne pas terminer son assiette, je le suis encore moins depuis notre passage en Inde.

Le lendemain, nous reprenons la route en fin de matinée et faisons une pause déjeuner à Sawtell, à nouveau une plage déserte, à quelques km au Sud de Coffs Harbour, où nous nous extasions à nouveau devant la beauté du paysage et où nous finissons notre dîner Tex Mex d’hier soir, sorti tout frais du compartiment frigo de notre van : bon, on a vu mieux comme piquenique mais on voyage donc on s’adapte!

Sans plus tarder, nous reprenons le volant car nous souhaitons nous rapprocher le plus possible dès cet après-midi de Byron Bay, très largement plébiscitée par les guides touristiques.

Juste avant la tombée de la nuit, nous décidons de nous arrêter à Ballina, une station balnéaire à proximité de Byron Bay, afin de trouver un endroit sympa pour la fin de l’après-midi et un coin tranquille pour dormir. Le très accueillant bar d’un hôtel de luxe nous « héberge » donc quelques heures durant lesquelles nous bouquinons, écrivons, partageons un verre de Cabernet Sauvignon australien, puis nous déplaçons notre « chambre mobile » jusqu’à un parking calme et ombragé pour un réveil en douceur demain matin.