New York City

On est le 29/09/2013, cela fait exactement 4 mois que nous voyageons, et nous entrons dans la seconde moitié de notre périple sans aucune lassitude.

Nous traversons les Etats-Unis de nuit par un vol American Airlines au départ de Los Angeles, se posant, le 30/09/2013, tôt dans la matinée, à l’aéroport JFK, à New York.

Concentré de tous les superlatifs, NYC est peut-être la ville la plus connue au monde. Cette mégapole tentaculaire hérissée de gratte-ciel compte 8,3 Millions d’habitants, détenant ainsi le titre de la ville la plus peuplée des États-unis. Poste de commandement de l’économie mondiale et bouillon de culture historique du nouveau monde, New York a été pendant longtemps la porte d’entrée du rêve américain pour bien des immigrants. Elle exerce un impact significatif sur le commerce mondial, la finance, les médias, l’art, la mode, la recherche, la technologie, l’éducation et le divertissement. Elle fait partie des villes les plus cosmopolites au monde, accueillant quelque 50 millions de visiteurs annuels.

Après la photo de bienvenue à Big Apple et un – très mauvais – café Latte à l’aéroport, nous rejoignons le 306 Gold Sreet, situé à Brooklyn Heights, notre adresse pour les 5 prochains jours. Contacté préalablement par AirBnB, James, 24 ans, américain d’origine taïwanaise, n’est pas chez lui ce matin mais il a laissé les clés au concierge pour que nous puissions déposer nos affaires dès notre arrivée. Son appartement est au 15ème étage d’un luxueux et flambant neuf « condominium » offrant une agréable vue sur Manhattan, la décoration est épurée, très peu de meubles, écran plat au mur, cuisine « américaine » (bien entendu) : un splendide appartement d’une soixantaine de mètres carrés duquel nous allons occuper le confortable canapé du salon.

Il est encore tôt et nous décidons de nous reposer 2h pour tenter de réduire le déficit d’heures de sommeil que nous accumulons. Dans l’après-midi, premiers contacts avec la jungle New-Yorkaise, nous partons à pied en direction de Lower Manhattan, traversons East River au niveau du Manhattan Bridge qui débouche en plein Chinatown, la plus forte concentration de population chinoise des Amériques. Ils sont bons ces chinois : même dans les villes les plus chères et les plus prisées, ils arrivent à s’octroyer un bon espace en plein centre-ville et y constituent une communauté bien organisée : commerces, restaurants, écoles, une parfaite petite ville dans la ville. « Chinatown » porte vraiment bien son nom à NYC. En fin d’après-midi, nous nous arrêtons dans un café situé presque sous le Brooklyn Bridge, l’un des plus anciens ponts suspendus des États-Unis, mesurant près de 2 km, ouvert à la circulation en 1883, après 14 ans de travaux. Confortablement installés au bar, on se laisse tous les deux tenter par une Margarita surchargée en téquila qui nous assomme complètement et nous convainc de rentrer chez notre hôte un peu plus vite que prévu.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil méritée et une grasse matinée un peu inévitable, nous repartons sur Manhattan avec un programme chargé. « The Metropolitan Museum of Art » pour commencer, dont le billet adulte est annoncé à 25 USD dans tous les guides touristiques et affiché comme tel aux guichets d’entrée. Ce qui n’est écrit nulle part et qui nous a été révélé le soir précédent par James, c’est que cette somme est une « proposition de don », absolument pas un tarif fixe. C’est aussi en cela que les communautés du type AirBnB et autres Couchsurfing ont une valeur inestimable lors de voyages « au long cours » comme le nôtre : les échanges avec les hôtes permettent de recueillir d’innombrables informations de grand intérêt avant même de commencer à visiter : les musées immanquables, les restaurants de bon rapport qualité-prix fréquentés par les locaux, les escroqueries etc. Bref, nous passons finalement presque tout l’après-midi entre les collections dédiées aux antiquités grecques, étrusques et romaines puis les galeries d’art moderne dont la collection de peintures européennes est mondialement connue et finalement un peu décevante. Bon, sur ce sujet, je ne peux prétendre à aucune expertise mais si ma tendre et chère le dit, c’est que ça doit être vrai ! Quelques cadres de Van Gogh, de Gauguin et de Seurat retiennent notre attention pour le courant impressionniste mais cela manque d’œuvres espagnoles et italiennes au goût de ma chérie.

En sortant du musée, nous pénétrons dans Central Park, véritable oasis de verdure au cœur de NYC, qui surprend par sa taille : un rectangle parfait de 4km de long sur 800m. de large. Tous les jours de la semaine, et surtout le dimanche, les New-Yorkais envahissent le parc afin d’échapper au tumulte de la ville. Il faut dire qu’au-delà de ses pelouses vertes et de ses sous-bois rafraîchissants, Central Park offre bien des attraits : plans d’eau, pistes de roller, courts de tennis, concerts en plein air, zoo, aires de jeux pour enfants et surtout d’innombrables espaces aménagés pour pratiquer le sport favori des américains : le baseball. A certains endroits, on a peine à croire être au centre de l’une des plus grandes villes du monde : les buttes verdoyantes et les plans d’eaux confèrent à Central Park un aspect particulièrement bucolique. Le parc compte plus de 50 statues en bronze, que l’on rencontre au détour de chemins : « Alice au Pays des Merveilles » occupe par exemple une place privilégiée au bord d’un plan d’eau. A l’instar de Venice Beach en Californie, Central Park est aussi l’endroit où il faut absolument se montrer. Il n’est pas rare que des attroupements se forment autour d’artistes improvisés, pour un show de Hip-Hop, une démonstration de force ou d’adresse ou quelques tours de magie, ce qui reste pour certains l’unique moyen de gagner une bonne poignée de dollars !

Nous sortons finalement au Sud-Est du parc qui débouche sur Fifth Avenue, la colonne vertébrale de Manhattan. La Cinquième Avenue est à Manhattan ce que la rue d’Oxford Street est à Londres ou les Champs Élysées à Paris, soit l’une des avenues les plus connues et chères au monde, abritant d’innombrables magasins de luxe (Tiffany & Co, Dior, Saks) ainsi que les plus importants musées de la ville tels le Metropolitan Museum of Art ou le Guggenheim.

La faim commençant à se faire sentir, nous craquons pour une part de Pizza et une grosse glace, à des adresses recommandées précédemment par James. A New-York, tout nous semble évidemment hors de prix sauf peut-être le coût de la nourriture: c’est incroyable le nombre de « Food Trucks » et d’options pour manger économique dans la rue. Notre hôte semble connaître tous les bons plans de Manhattan dans ce domaine, ce qui nous fait bien rire avec Magda car 3/4 de ses conseils portent sur des plats ou des desserts que « nous ne devons absolument pas manquer » avant notre départ et nous n’aurons jamais assez de temps, ni assez faim, pour passer à toutes les adresses qu’il a partagées avec nous.

Notre programme de la journée s’achève à Times Square, le cœur vivant de New York. Situé au croisement de Broadway et de la 7ème avenue, Times Square est un quartier en constante effervescence, à toute heure du jour et de la nuit, qui illustre sans doute le mieux le surnom de New York, « La ville qui ne dort jamais » : les très nombreux théâtres, salles de concert, cinémas, bars branchés et discothèques en ont fait une des icônes de New York, et un symbole de l’urbanisme de Manhattan. Toute la démesure américaine est ici mise en évidence par des néons et des écrans gigantesques, comme le panneau publicitaire du NASDAQ MarketSite, un écran LED de près de 40m. de haut.

A notre retour à l’appartement, James nous propose de monter au 41ème étage de son immeuble d’où la vue sur Manhattan est tout simplement magique, vue que nous photographions de nuit ce soir-là, puis de jour, le lendemain matin.

Le lendemain matin justement, retour sur Lower Manhattan direction la célèbre Wall Street, une rue dont le nom désigne finalement tout un quartier qui abrite bien sûr la bourse de New-York, le NY Stock Exchange, l’un des centres de finance les plus influents au monde, épicentre de la crise financière des « subprimes », révélée mi 2007 et entraînant ensuite une récession touchant l’ensemble de la planète. C’est là aussi que se trouve le Federal Hall, haut-lieu de l’histoire américaine, témoin du 1er congrès américain le 4 Mars 1789, date historique au cours de laquelle les premiers membres du congrès votèrent la constitution américaine et dépouillèrent les bulletins de votes portant Georges Washington au poste de 1er Président des Etats-Unis d’Amérique, dont la statue trône fièrement devant le bâtiment.

Après une courte ballade dans le quartier, nous descendons jusqu’à la pointe Sud de Manhattan et arrivons dans Battery Park d’où partent la majorité des bateaux touristiques pour Ellis et Liberty Island. Malheureusement pour nous, mais ce n’est pas une surprise, l’arrêt des activités gouvernementales fédérales (manœuvre de « shutdown ») est en vigueur depuis hier, le 1er octobre 2013, faute d’entente au sein du Congrès sur les fonds à allouer pour couvrir les dépenses gouvernementales de l’année fiscale à venir, l’une des innombrables conséquences étant la fermeture de l’ensemble des Parcs et Monuments Nationaux : impossible dans cette situation d’accoster sur Ellis Island ou Liberty Island. En contrepartie, l’une des compagnies qui opère habituellement les trajets entre Battery Park et ces 2 îles au sud de Manhattan, ont changé un peu l’itinéraire et continuent d’opérer des croisières un peu plus longues et variées sans du coup pouvoir déposer de touristes sur les îles. Une bonne occasion de découvrir Lower Manhattan sous toutes ses coutures : depuis l’Hudson River d’abord, puis depuis East River après être passé à proximité de la Statue de la Liberté tout de même. Cette « grande dame », construite en France et offerte aux États-Unis par le peuple français, en signe d’amitié entre les deux nations, pour célébrer le centenaire de la déclaration d’indépendance américaine, fut inaugurée en octobre 1886. A partir de cette date et pendant de nombreuses années, elle a été la première vision des États-Unis pour des millions d’immigrants, après une longue traversée de l’océan Atlantique. Elle est assez vite devenue l’un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l’émancipation vis-à-vis de l’oppression.

Après un rapide déjeuné dans Battery Park, nous nous dirigeons en milieu d’après-midi vers le Mémorial national du 11 Septembre, terminé et ouvert au public le 11 septembre 2011, le jour du dixième anniversaire de la tragédie. Son rôle est bien sûr de rendre hommage à toutes les victimes et tous les héros des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, le Pentagone et Shanksville, un champ désert à l’ouest de la Pennsylvanie, dans lequel s’est finalement écrasé le vol 93 suite à une contre-offensive des passagers du vol, qui avaient pris connaissance des autres attaques. Par la même occasion, ce récent monument sert également de nouveau mémorial pour l’attentat de 1993 contre le complexe, le précédent ayant été détruit lors de l’effondrement des Twin Towers. Pour rappel, le 26 septembre 1993, plusieurs terroristes islamistes ont détoné des explosifs dans le parking situé sous le WTC, ôtant la vie à 6 personnes et en blessant des milliers. Les attaques du 11 septembre 2001 ont, quant à elles, coûté la vie à 2977 personnes originaires de plus de 90 pays. La plus âgée avait 85 ans, la plus jeune avait 2 ans. Plus de 400 personnes faisaient partie des équipes de premiers secours et ont péri dans l’exercice de leur fonction.

Le WTC était un complexe commercial d’une superficie de plus de 64 000 mètres carrés comprenant 7 immeubles, une grande esplanade et un centre commercial souterrain. Les Tours Jumelles, les plus hautes de la ville à l’époque (414 m de haut), constituaient le cœur du complexe et disposaient chacune de 110 étages, offrant plus de 900 000 mètres carrés de bureaux pour près de 35 000 personnes et 430 entreprises. Lors du 11 septembre 2001, le complexe, qui disposait même de son propre code postal (10048), a été intégralement détruit.

Le Mémorial est localisé à l’endroit même où se trouvaient précédemment les deux Tours Jumelles et consiste en un parc entourant deux profonds bassins carrés, situés dans les empreintes même des deux tours détruites, alimentés par des chutes d’eau s’écoulant le long des bords internes puis dans un second vide situé au centre des bassins. Les noms des presque 3000 victimes sont inscrits sur des parapets en bronze entourant les 2 bassins, leur agencement reflétant les différents lieux où se trouvaient les victimes le jour des attentats ainsi que les relations qu’elles partageaient avec ceux qui périrent ce jour-là. Les familles des victimes ont été impliquées et écoutées pour l’agencement et la présentation des noms sur les bassins.

Le projet retenu a été sélectionné à la suite d’un concours international ayant reçu plus de 5200 propositions issues de 63 pays. Parce que l’ensemble du site n’est pas encore achevé, l’accès est encore très contrôlé pendant la reconstruction. La tour « 1 World Trade Center », construite juste derrière le bassin nord, est presque achevée, elle mesure 541 m. de haut et constituera la plus haute tour des États-Unis, le Musée du Mémorial ouvrira quant à lui ses portes en 2014.

Tous les arbres du site sont des chênes blancs à l’exception d’un, un poirier connu sous le nom de « Survivor Tree ». Cet arbre, qui avait été planté dans les années 1970 sur l’esplanade du WTC, fut retrouvé abimé, réduit en une souche de 2m. de haut dans les décombres de Ground Zero. Il a d’abord été remis sur pied dans un parc de NYC puis à nouveau terrassé par plusieurs orages violents en mars 2010. Mais, fidèle à son non, il survécut. Réintégré au site du WTC en décembre 2010, il incarne aujourd’hui survie et résilience si chères à l’histoire du 11 septembre.

Une centaine de volontaires se relaient de sorte qu’une dizaine d’entre eux soit présente en permanence aux heures d’ouverture du Mémorial, principalement pour répondre aux questions des visiteurs et partager leur expérience. Prendre quelques minutes pour échanger avec certains d’entre eux nous a paru nécessaire, ce sont souvent des victimes « collatérales », ayant perdu un ou plusieurs proches » ou bien des gens particulièrement touchés par la violence des attaques (issues de familles de policiers, pompiers, médecins urgentistes etc.)

Même si Magda et moi regrettons le caractère « touristique » du lieu, nous faisant réfléchir sur le fait de le visiter ou pas et sur l’attitude à adopter, le devoir de mémoire reste indispensable, bien que probablement personne n’ignore ce qui s’est passé en ce 11 septembre 2001. A ce sujet, vous noterez probablement comme nous que chacun de nous est capable de se souvenir de ce qu’il faisait et où il était en ce jour tragique.

Enfin, à terme, le lieu sera complètement ouvert de tous les côtés et libre d’accès, le transformant en un parc calme en plein centre de Lower Manhattan, couvert par les arbres, en dehors des empreintes des 2 tours, et dans lequel les gens viendront probablement se recueillir de façon plus sereine.

Le lendemain, c’est notre 4ème jour à New York et une grosse surprise m’attend : Guillaume, un de mes plus vieux amis de Meudon a fait le trajet de nuit depuis Montréal, où il vit depuis quelques années et nous rejoint à Times Square vers 10h du matin, après une organisation minutieuse avec Magda, qui s’était bien gardée de me mettre au parfum. Cela fait plus de 2 ans que nous ne nous sommes pas vus et je suis comme un dingue quand je tombe sur lui en plein carrefour de Times Square. Nous passons donc la journée à fêter les retrouvailles, en passant d’une brasserie à une autre pendant une bonne partie de la journée et en traversant les quartiers dans lesquels nous n’avions pas encore mis les pieds : Soho, Little Italy, et le quartier autour de Perry Street, la rue dans laquelle est supposée vivre Carrie Bradshaw, l’héroïne de la série TV « Sex and the City », qui joue le rôle d’une journaliste trentenaire, indépendante, dévouées à ses amies, viscéralement attachée à la ville de NYC et plus douée pour analyser les relations sociales et amoureuses de ses contemporains que pour faire durer les siennes. Toutes les femmes nées dans les années 1980 la connaissent et beaucoup l’adorent, Magda n’échappe pas à la règle !

En fin d’après-midi, nous nous retrouvons devant le MoMA, qui ouvre gratuitement ses portes aux visiteurs le vendredi de 16h à 20h, l’occasion d’aller admirer quelques cadres de Van Gogh, de Picasso (les Demoiselles d’Avignon, par exemple) qui ont atterri ici, et bien sûr, bon nombre d’œuvres contemporaines du courant Pop Art que nous devons à l’illustre Andy Warhol.

Enfin, nous dînons dans un excellent restaurant thaïlandais, toujours en compagnie de Guillaume, ainsi que Keil, l’un des neveux de mon oncle Steve, et sa compagne Bec, qui vivent tous les 2 à Brooklyn et qui nous ont rejoint à une adresse recommandée, bien sûr, par James, notre hôte, pour notre dernier dîner à New York : un très bon moment au cours duquel nous refaisons le monde, partageons nos expériences de voyage et évoquons largement la situation politique du moment au États-Unis.

Ainsi s’achève notre circuit américain, 40 jours après être rentré aux États-Unis au niveau de Seattle!

Une réflexion au sujet de « New York City »

  1. olivier

    Trop dommage de ne voir ça que maintenant, j’y étais aussi exactement à ce moment là !
    Si vous êtes aux seychelles en novembre faites signe 😉
    Bonne continuation, c’est le top !
    take care
    Ps: oui la 4G bouygtel cartonne 🙂

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