California State Route 1

12 septembre 2013, c’est aujourd’hui que nous quittons le confortable studio chez ma tante, studio que nous occupions depuis fin août. Après un long et reposant break, nous voici de retour à la réalité. On the road again !

Dès cet après-midi et pendant les 4 prochains jours, nous voyagerons en camping-car. Il y a quelques semaines, j’ai booké, après avoir lourdement insisté auprès de Magda qui n’y était pas forcément favorable, une opportunité particulière de location appelée « relocation » : très répandu en Australie, ce concept permet à une entreprise de location de vans et/ou camping de ramener à frais réduits des véhicules vers leur agence mère à la suite d’une précédente location durant laquelle le client aurait laissé le véhicule dans une autre agence. Comment ? Plutôt que de payer un transporteur, certaines entreprises offrent ces locations à des tarifs imbattables en les conditionnant à des durées relativement courtes.

En l’occurrence, une « relocation » pour ramener un camping-car de San Francisco vers Los Angeles en 4 jours, ce qui est amplement suffisant, était disponible entre le 12 et le 16 septembre ce qui correspondait à la fois à notre trajet en Californie et à notre agenda. Les conditions proposées étant excessivement intéressantes – 1$/jour de location + 25$ de frais administratifs et 100$ essence remboursés au dépôt du véhicule à Los Angeles sur présentation de factures – j’avais donc réservé cette relocation à la fin du mois d’août.

Bref, le 12 dans l’après-midi, nous nous présentons à l’agence pour récupérer le camping-car en question. Bon, c’est un monstre, ça mesure probablement 10 m de long, mais c’est presque aussi bien équipé que le studio que nous venons de quitter : douche, toilettes, capacité de couchage pour 5 ou 6 personnes, une vraie cuisine, une TV etc. J’imagine bien que ce ne sera pas évident à conduire mais ça ne me fait pas peur et ça fera une excellente transition avant de revenir au mode backpacking pur.

Nous voilà donc partis en direction du sud de la Californie par la magnifique « California State Route 1 » que nous décidons d’emprunter jusqu’à LA. En 2 jours, nous passons donc par la baie de Monterey, par la célébrissime « 17 mile drive », nous traversons Pebble Beach, puis la très jolie ville de Carmel et continuons ainsi à longer la côte Ouest Pacifique jusqu’à Santa Barbara.

Le camping-car est franchement encombrant mais ça se passe bien, j’ai pris mes marques et Magda m’a surnommé « autobusero », vous aurez bien sûr compris « le chauffeur d’autobus ». Ça se passe bien mais la conduite d’un tel engin requiert une attention permanente et une vigilance plus importante encore qu’en voiture (les rétro, la hauteur etc.) Le 3ème jour en fin d’après-midi, à la plage de Santa Barbara, je finis par perdre un instant cette vigilance en manœuvrant dans un parking et j’accroche nettement un véhicule en me garant. On patiente jusqu’au retour du conducteur avec qui l’entente est cordiale et nous procédons assez vite et sans grande difficulté à la déclaration de l’incident auprès de l’entreprise de location. Mais cet épisode remet en question le « supposé bon plan » de la relocation : on est assuré par le contrat de location bien entendu mais avec une importante franchise et nous craignons fort, Magda et moi, que l’intégralité de la franchise ne nous soit retenue à la restitution du véhicule.

Dès lors, ça devient donc beaucoup moins rigolo, je suis tendu comme un string en conduisant et nous avons franchement tous les 2 hâte de rendre cet encombrant engin à Los Angeles. Mais nous l’avons encore sur les bras pour 24h et nous devons, avant de le rendre, procéder au « dumping » des eaux usagées. En arrivant du côté de Los Angeles, nous mettons déjà un bout de temps pour trouver une station de « dump » ouverte et elle n’est pas à côté. Arrivés sur place, nous relisons pour la nième fois le manuel du camping-car pour vider proprement et dans le bon ordre, l’ensemble des tuyaux d’évacuation sans nous en renverser la moitié dessus.

« On peut y aller, là ? Toutes les vannes sont bien fermées ? Je peux dévisser le bouchon ? »

On dit qu’il y a des « jours avec » et des « jours sans ». Bon, aujourd’hui est un « jour sans » ! A peine le premier bouchon ouvert, ça commence à dégueuler de partout sauf dans la gaine prévue à cet effet et reliée au tout-à l’égout. Heureusement que nous n’étions que 2 et que nous n’avons gardé le véhicule que 4 jours, je vous le dis !

Nous restituons notre autobus le lendemain, 16 septembre à l’agence « El Monte » dans la matinée comme convenu. Et bien sûr, comme nous l’imaginions, on nous annonce après étude du véhicule, presque en souriant, que nous nous en sortons bien et n’allons payer « que » la franchise de 1000$ ce qui reste inférieur aux 6 ou 7 heures de main d’œuvre facturées 110$/heure, plus la peinture, plus le vernis etc. pour remettre le véhicule en état ! Je l’avais vu venir de loin celle-là !

Bref, au moins, on vient de se séparer de ce maudit camping-car !

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