Agnes Water, 1770 & Lady Musgrave Island

Notre prochaine et dernière destination australienne s’appelle Agnes Water, une localité de 1600 habitants située à 450 km au nord de Brisbane, toujours dans l’état du Queensland. C’est la plage de surf la plus au nord de la côte est australienne et ce sera également le point le plus au nord que nous allons explorer en Australie.

Il faut compter entre 5h et 7h de route pour rejoindre Agnes Water depuis Noosa Heads et même si il nous reste plusieurs jours avant notre vol, la perspective d’en perdre un (jour) entier pour faire la route ne m’enchante pas beaucoup. Au 12/08/2013, nous sommes donc toujours à Noosa et j’insiste pour que nous ne prenions la route que tard dans l’après-midi, en calculant que nous ne perdrons de cette façon qu’une ou deux heures « effectives », le soleil se couchant vers 17h30. La contrepartie, c’est donc que nous allons devoir rouler de nuit et ce n’est pas très recommandé, à cause du risque important de collision avec les animaux (les kangourous, par exemple, qui sont des animaux nocturnes). Même notre contrat de location de van stipule qu’il est déconseillé de rouler de nuit. Moi, malgré les contestations de Magda, je n’en démords pas, prétextant que le risque est faible sur autoroute bien éclairée: dans ma « tribu », certains peuvent parfois devenir « un peu » têtus lorsqu’ils ont une idée en tête! Et voilà une litote, heu non, mon plus jeune frère me fait savoir qu’il s’agit en fait d’un euphémisme, en rhétorique. And he’s Damn right!

Conclusion : nous prenons donc la route vers 15h30 et nous allons donc faire une bonne partie du trajet de nuit. Et contrairement à ce que je pensais, pratiquement aucun tronçon n’est autoroutier. Nous traversons donc quelques moments de solitude. Par exemple quand je décide de me laisser dépasser par un énorme camion qui m’éblouit depuis un moment parce qu’il roule presque plus vite que moi, sauf que l’issue est pire : nous nous retrouvons maintenant acculés entre 2 « monster trucks », celui qui vient de me dépasser, devant nous, et celui qui suivait de très près son prédécesseur, que je ne pouvais pas deviner avant et qui se retrouve maintenant juste derrière nous. Je suis donc toujours autant ébloui et j’ai maintenant un 38t+ devant et un autre derrière, qui roulent à une vitesse vertigineuse sur une route nationale non éclairée. Vers la fin du trajet, un épais brouillard vient se mêler à la fête, et nous sommes sur une route très peu fréquentée, Agnes Water étant la prochaine commune, encore située à une cinquantaine de km. Je roule donc prudemment puisque la visibilité est très réduite jusqu’à ce qu’une forte odeur envahisse soudainement l’habitacle: une odeur venant de 2 animaux morts (un kangourou et un énorme sanglier gisant à quelques mètres seulement l’un de l’autre sur le bord de la route), probablement percutés récemment par un autre véhicule. Ça devient inquiétant et je reste le plus vigilant possible car ce n’est franchement pas le lieu ni le moment pour patienter le temps qu’une dépanneuse vienne nous dépanner si nous devions à notre tour percuter un animal sauvage !

Nous arrivons enfin à Agnes Water, il est presque 23h et nous sommes soulagés. Après avoir tourné quelques minutes dans la toute petite commune, nous nous garons entre 2 autres véhicules sur un parking résidentiel pour passer la première nuit.

Le lendemain, après un bon petit déjeuner à la terrasse d’un café, nous nous dirigeons vers Seventeen Seventy, une marina à 5 km d’Agnes Water qui sert d’embarcadère à la principale activité touristique du coin : des excursions quotidiennes vers la pointe Sud de la Grand Barrière de Corail, le plus grand récif corallien du monde! L’île desservie s’appelle « Lady Musgrave Island », elle est située à 65km de la côte et une seule compagnie opère ces excursions qui se font à la journée. Ce n’est pas donné mais c’est la raison pour laquelle nous sommes montés jusque-là, donc pas question de craquer si près du but ! Il y a de la place pour demain et la météo annoncée semble propice : Let’s go, on réserve 2 billets, RDV demain matin 8h à l’embarcadère de 1770.

L’après-midi, pendant que Magda reste à lire et se reposer dans notre Spaceships, je pars me baigner puis courir à la plage. Pendant mon footing, un australien qui promène ses chiens me fait signe de regarder au large mais je n’aperçois qu’une grande gerbe d’eau dont je comprends qu’elle provient d’une baleine. Pendant la demi-heure qui suit, tout en courant au bord de l’eau, j’aurai l’occasion de voir à 3 reprises une baleine jaillir hors de l’eau, puis s’écraser dans un bouillon d’écume. Le soir venu, nous dinons une fois de plus à l’air libre sur l’aire de pique-nique de la plage d’Agnes Water avant de retourner nous coucher au même endroit qu’hier.

Le 14/08/2013, on se présente donc à 8h et on embarque assez vite sur un bateau à moteur d’une capacité de 100 personnes environ. Je n’en ai pas la sensation et pourtant, nous sommes à priori une centaine de touristes rassemblés aujourd’hui. 1h15 de navigation plus tard, en « open water », nous atteignons Lady Musgrave Island, une île inhabitée de 14 hectares entourée par 1200 hectares de récif corallien, à la pointe Sud de la Grande Barrière de Corail. Je ne suis pas sûr de trouver de qualificatif adéquat pour retranscrire fidèlement la beauté du lieu. Les photos le feront sans doute mieux !

En arrivant dans ce paradis, le bateau s’amarre au seul ponton existant sur le lagon (« Lady Musgrave Cruises 1770 » est la seule compagnie à opérer des excursions sur ce joyaux de la Mer de Corail) et y reste pour la journée. Pendant les 5 prochaines heures, chacun est libre d’emprunter du matériel de snorkeling pour aller observer les récifs, nager avec les tortues etc. L’eau est limpide, la faune et la flore très colorée et variée. On est en plein hiver, on peut pourtant rester nager plus d’une demi-heure sans avoir froid. Dans des endroits pareils, nul besoin de faire de la plongée sous-marine, puisque l’essentiel des 1200 hectares de récif qui entourent l‘île est situé entre 1 et 10 mètres de fond. Vers 12h30, on nous sert un déjeuner-buffet et chacun peut s’installer sur le bateau ou sur le ponton pour se restaurer en profitant du paysage. Après le déjeuner, un bateau à fond plat et transparent permet d’aller explorer l’île elle-même, par petits groupes, pour une marche d’une demi-heure durant laquelle on découvre la végétation locale, la vie animale (principalement des oiseaux) et on apprend un peu plus sur l’histoire du lieu. Vers 16h00, tout le monde réembarque sur le bateau pour le trajet retour au cours duquel nous allons encore avoir la chance de croiser des baleines (bon les filles, c’est bon, on a compris, c’est la 3ème fois en 15 jours, c’est fatiguant là!). Quelle journée mémorable!

Le 16/08/2013, après une dernière nuit à Agnes Water, nous commençons à redescendre tranquillement vers le Sud. Nous passerons encore deux jours à Maroochydore, à une centaine de km au nord de Brisbane, à l’embouchure de la Maroochy River, avant de rejoindre Brisbane pour voler le 18/08/2013 vers notre prochaine destination. C’est un très long vol transpacifique qui nous attend direction Vancouver, Colombie Britannique, Canada.

4 réflexions au sujet de « Agnes Water, 1770 & Lady Musgrave Island »

  1. PAVARD

    Tout simplement magique et paradisiaque l’Australie. J’ai tellement envie d’y aller. Attention, je risque de craquer la CB le prochain été ou dans 2 ans, c’est annoncé !!!!!!
    J’ai tellement rigolé pour le passage sur « la tribu (un peu) têtue ». Bien entendu, je ne me suis pas du tout senti visé, et je pense même, comme Magda le préconisait, que j’aurais pris la route de jour. « Mon bonhomme, c’est de la CON-NNE-RIE, la MAIF 1138717H n’assure pas sur les nationales non éclairées contre les éventuelles collisions avec des phacochères ou autres kangourou » (Maman, 2013).

    Gros bisous

    Olive

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  2. Vin'z

    Agnes Water a l’air incroyable. Ca me rappelle un peu les Cayos Cubain, paradisiaques.
    Attention, « tribu si peu têtue » est une litote, Frangin. Ta formulation « un peu têtue » relève, elle, de l’euphémisme. Que le voyage ne te fasse pas perdre ton latin! 🙂

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